Portrait d’Artiste : Anne Sixtine

À la manière du questionnaire de Proust, L’Envolée Culturelle vous propose de découvrir le portrait d’Anne Sixtine, photographe. On sait grâce à ce jeu à la mode au XIXème siècle, que la couleur préférée de Marx était le rouge ; que le fils de la Reine Victoria ne connaissait pas d’héroïne de fiction ; que Marcel Proust était fan de Cléopâtre et de Léonard de Vinci ; que Jane Birkin détestait l’indifférence ; et que la plus grande peur de David Bowie était de convertir les kilomètres en miles. Alors voici la version 2.0 du confession book pour aller à la rencontre des artistes d’aujourd’hui. Alors à toi de jouer, Anne Sixtine ! (bannière : © Anne Sixtine)

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Portrait d’artiste : Elisa Grosman

A la manière du questionnaire de Proust, L’envolée Culturelle vous propose de découvrir le portrait d’Elisa Grosman, photographe. On sait grâce à ce jeu à la mode au XIXième siècle que la couleur préférée de Marx était le rouge ; que le fils de la Reine Victoria ne connaissait pas d’héroïne de fiction ; que Marcel Proust était fan de Cléopâtre et de Léonard de Vinci ; que Jane Birkin détestait l’indifférence ; et que la plus grande peur de David Bowie était de convertir les kilomètres en miles. Alors voici la version 2.0 du confession book pour aller à la rencontre des artistes d’aujourd’hui. (Bannière : © Elisa Grosman, pour le dernier EP du groupe Bolides)

© Elisa Grosman

Elisa inspirée

  • Ton film (ou ta série) préféré ? 

Je dirai Thelma et Louise de Ridley Scott, une ode au féminisme et à la sororité. Mention spéciale pour les images du film juste sublimes et la B.O. envoutante. J’ai dû le voir 356 fois et à chaque fois, je ressors du film avec une envie d’affronter le monde. 

  • Le livre qui t’inspire ? 

Un livre qui m’a beaucoup aidée, et qui m’aide encore aujourd’hui niveau confiance en moi : Imparfaits, libres et heureux de Christophe André (aux éditions Odile Jacob). Sinon, je pourrais aussi en citer un deuxième qui m’a totalement bouleversée et qui parle de notre dépendance à internet, aux réseaux sociaux  : La civilisation du poisson rouge de Bruno Patino (aux éditions Grasset).

  • Ta musique éternelle ? 

Sans hésitation, Life on Mars de David Bowie. Ma mère étant une grande fan de Bowie, elle me la fait écouter dès mon plus jeune âge. Et directement, j’ai eu un coup de cœur pour cette musique et pour l’artiste bien évidemment. Puis, en me penchant sur les paroles, tout a fait sens tout à coup pour la jeune adolescente pas très bien dans sa peau que j’étais. 

  • Si tu pouvais voyager dans le temps, avec qui voudrais-tu partager un moment ? 

J’aurai adoré rencontrer Jeanne Moreau. J’ai une grande admiration et fascination pour cette femme, c’est un peu l’incarnation de la liberté pour moi. 

  • Quelle œuvre d’art aurais-tu aimé avoir créée ? 

Toutes les œuvres d’Edward Hopper. Mes parents avaient 4 ou 5 représentations de ses œuvres dans la maison. Je pouvais (et je pourrais encore) les regarder pendant des heures. Mais si je devais en choisir une ce serait Morning Sun. On voit cette femme assise sur son lit, avec cette lumière aveuglante. C’est une image très forte, je trouve, qui symbolise l’attente, l’éphémère… 


© Elisa Grosman

Elisa au travail 

  • Quel est le tout premier métier que tu as voulu faire ?

Quand j’étais plus jeune, je voulais devenir psychologue. Finalement, avec la photo on s’en rapproche un petit peu ! La photo peut avoir ce côté ultra thérapeutique, pour le.la photographe comme pour le.la modèle. 

  • Marcel Proust est à la recherche du temps perdu. Toi, en tant qu’artiste, tu es à la recherche de quoi ? 

Petit à petit, j’enlève les multiples masques que je peux porter. Je dirai que je suis à la recherche de mon vrai moi. 

  • Tes conditions de travail : matin, après-midi, soir ? Canapé, café, bibliothèque, atelier ? En silence, en musique, entourée, seule, après une bonne nuit de sommeil, avant un repas chaud ?  

En tant que photographe, je consacre un temps énorme à la retouche. C’est véritablement à ce moment-là que je construis mon univers dans mes photos. Alors je dirai plutôt lumières rouges, en musique : là, je suis en immersion totale, et c’est là que ma créativité s’exprime le mieux. 

  • Quel est ton état d’esprit actuel, le projet sur lequel tu travailles ? 

Malgré la situation incertaine, je suis assez sereine. Cette année, j’ai lancé ma friperie en ligne, Moitié Moitié, en collaboration avec Josselin Vieu. On y propose des pièces vintage, mixtes, et des customs engagés. Je m’occupe notamment de réaliser les shootings des pièces. Et puis j’ai pleins d’autres petits projets pour l’année 2021, mais ma grosse envie du moment c’est de me mettre sérieusement à la vidéo et réaliser un court métrage (qui est d’ailleurs en cours d’écriture). Je n’en dis pas plus… Rendez-vous dans quelques mois sûrement (rires) !


© Elisa Grosman

Le regard d’Elisa

  • La qualité que tu admires le plus chez un artiste ? 

Son sens de l’observation.

  • Et le défaut que tu détestes par dessus tout ? 

Le perfectionnisme.

  • Ton héros ou ton héroïne dans la vie réelle ? 

Ma mère, tout simplement. 

  • Ta devise, ton mot d’ordre, ta phrase directrice ? 

J’avais entendu cette phrase, je ne sais plus de qui elle est, mais elle m’avait marquée : « Il n’y a pas de sujets médiocres, seulement des façons médiocres de les traiter. ». C’est un message que je véhicule tout particulièrement dans mes photos. Tout le monde peut être photogénique, peut faire ressortir une émotion dans une photo. Il suffit juste d’observer cette personne et capturer cet instant. D’où le sens de l’observation pour la qualité que je préfère (rires) !

  • Et sinon, tu es plutôt Marcel Proust, Marcel Pagnol, Marcel Cerdan, Marcelle Tassencourt, Marcel Carné, Marcel Azzola, Marcel Duchamp, Marcelle Ranson-Hervé, ou Marcel Sans-Manche ? 

Marcel Pagnol juste parce qu’il vient de mon cher sud.

Le mot de l’artiste : Je vous invite à me suivre sur Instagram et sur mon site, pour suivre toutes mes séries photos et déceler les différentes histoires derrière mes œuvres !

Interview réalisée par Manon Ruffel, sur une idée originale d’Elisabeth Coumel.